Coup de gueule d’une tortue!!!

Quand Runners World France prend les coureurs de haut …

CAPTAIN PHOENIX

Pas simple de trouver un titre d’article pour parler du sujet du jour, mais au moins, il est assez clair et permet de savoir de quoi il en retourne.

Tout d’abord, mettons-nous en situation. Depuis quelques semaines, voire quelques mois, je lis ça et là sur les réseaux sociaux, les avis de beaucoup de monde sur la “façon” dont il faudrait courir ou non un marathon. J’avoue que certains avis de ce “vif” débat m’ont mis les poils, mais j’ai toujours préférer garder autant que possible mon point de vue personnel car pour moi c’était un débat sans fin.

Mais un jour de janvier dernier, j’ai vu rouge ! Après ne pas l’avoir acheté pendant plusieurs mois car je n’étais pas convaincu par leur nouvelle ligne éditorialiste, j’ai succombé aux belles images du magazine que j’appréciais à mes débuts de coureur : Runners World. Au fil des pages, je retrouvais ce…

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Être une tortue ou l’éloge de la lenteur. 

Merci Nadia pour ce billet plein de bon sens ! A lire sans modération. Comme elle le dit si bien, pas de compétition avec les autres, juste avec soi-même, il faut garder en tête le plaisir. L’essentiel c’est d’être actif 😉

Nadia runs Paris

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« Tu as fini ta course en combien de temps?  » « Nan, mais si tu fais un Marathon en plus de 4h30, ce n’est pas la peine de le faire ».

Et encore, je vous épargne le reste des remarques que l’on peut faire à un(e) coureur/euse appelé(e) communément unetortue. Personnellement, je le suis et j’ai beaucoup perdu en vitesse et je me retrouve dans ces cas. J’avais juste envie de dire : « So what !  » En anglais, ça sonne mieux !

Mais oui pourquoi dévaloriser ces coureurs/euses qui ont aussi des objectifs ambitieux et qui feront tout pour les atteindre. Être lent(e) ne signifie pas être nul(le) bien au contraire, cela veut dire préserverant, tenace et humble. Qualités qui pourraient manquer à certains, surtout l’humilité.

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Un jour j’ai couru à New-York avec toi

Nous sommes le 14 novembre ah non on est le 23 décembre. Il y a une semaine 6 semaines, je courais le plus grand des marathons du monde. J’ai eu du mal à débuter ce billet car en fait, je ne savais tout simplement pas par où commencer…

Je vous avais laissés, fin septembre, à 8 semaines d’entrainement et depuis tellement de choses se sont passées. Je vous passe les détails sur l’extraction de deux dents de sagesse et une cheville récalcitrante qui ont engendré 12 jours d’arrêt à pile un mois du marathon (mouarf) sinon vous ne finirez jamais cet article (déjà à 3 rallonges)  🙂

Je dirai juste que la fin de la préparation a été légèrement chahutée, ce qui généré un chouïa de stress (mais vraiment un chouïa) sur mon tempérament naturellement non détendu. Tout apportait de l’eau au moulin, c’était la bérézina dans la ma tête.

Jeudi 3 novembre

Il est 6:45 et nous avons rendez-vous avec le groupe de coureurs Zatopek/BCD Travel à Bruxelles National. A côté de l’hôtesse qui s’occupe de l’enregistrement de nos bagages, se trouve Beverley que je décrirais comme une dame très masculine et imposante avec qui tu as bien compris qu’il ne faut pas déconner (j’apprendrai par la suite qu’en fait elle était l’US Marshal sur notre vol HAHA). Elle commence à me parler et à me demander si je vais à NY pour faire du shopping, je lui réponds que non, que j’y vais pour courir le marathon. Mon Dieu, la voilà qui s’emballe “You rock girl, it’s incredible ! I’m so proud of you, congratulations !!” Limite, elle me fait un hug. Je suis complètement estomaquée par la réaction de cette américaine alors que je n’avais même pas couru le moindre mètre, ça promettait d’être fun sur place 🙂 Le vol se passe sans encombre, rythmé par les repas et les films. A 13h locale (18h belge) nous atterrissons à JFK. Nous nous plaçons dans la longue file pour la vérifications de nos ESTA. Il nous faudra faire preuve de patience parce que ce petit cinéma a quand même duré 1h45. Mon douanier, Ryan, avait ma foi l’air fort sympathique et surtout amusé de ma non compréhension de son accent New-Yorkais. Petite interrogatoire standard (Pourquoi tu viens ?), prise des empreintes digitales et rétiniennes, me voilà fichée. Cette longue attente a eu l’avantage de nous laisser du temps pour faire connaissance avec d’autres coureurs du groupe belge, des liens se sont vite noués et une certaine cohésion dans le groupe s’est très vite ressentie.

Nous sortons de l’aéroport et nous nous rendons directement au Javits Center pour récupérer nos dossards. C’est un énorme centre de convention de Manhattan dont Hillary Clinton avait fait son QG durant l’Election Night. Ce qui frappe tout de suite, c’est la fluidité avec laquelle tout se déroule. Pour récupérer son dossard et son sac transparent (le seul autorisé sur le site du départ du marathon), il suffit de se munir de sa « Registration Card » préalablement reçue par e-mail et de son passeport, ensuite cela prend 3 minutes montre en main. La même chose pour le tee-shirt de la course ; des hôtesses se trouvent à l’avant des comptoirs avec toutes les tailles de tee-shirt que chaque concurrent peut essayer à sa guise afin d’emporter avec lui celui qui lui convient le mieux. Je trouve que c’est une super attention ! Ensuite nous partons tous sur le Marathon Expo. Je ne vous fais pas de dessin, vous imaginez bien que la VISA a chauffé sérieusement sur les stands 🙂 1h30 plus tard, départ pour l’hôtel, on s’installe tous et on part se balader dans le quartier avant d’aller souper. Il est 19h à NYC mais déjà minuit pour nos organismes ; il faut qu’on tienne le plus tard possible afin de se caler directement sur l’heure américaine. A 22h, tout le monde file au lit après une bonne soirée au resto entre potes.

Vendredi 4 novembre

La première nuit à NYC fut courte à cause du décalage horaire, 5h de sommeil perturbé par le bruit incessant de la ville. Quand on dit que cette ville ne dort jamais, je confirme, à toutes les heures du jour et de la nuit, c’est un balai de klaxons et autres sirènes. Même au 14ème étage avec des boules Quies, j’entendais encore ce qui se passait dans la rue… J’avoue que ce bruit constant est le moins bon souvenir que je garderai de la ville.

Après une bon petit-déjeuner, nous partons pour une balade dans Central Park et une reconnaissance des derniers kilomètres et de la ligne d’arrivée. Il y a une course d’enfants ce jour-là et déjà beaucoup d’ambiance sur le site. Ce fut assez émouvant pour moi de découvrir ce lieu ; c’est réellement à ce moment-là que je me suis enfin rendu compte de ce qui se passait, de l’événement exceptionnel auquel j’allais prendre part deux jours plus tard. Nous poursuivons la balade et allons repérer le lieu qui servira de « meeting point » entre les coureurs et leurs accompagnants à la fin du marathon. S’en suit une journée de visite dans cette ville incroyable. On essaie de ne pas trop en faire mais tout est proche et loin à la fois, résultat des courses, on a crapahuté sur quasi 20 kilomètres lors de cette première journée touristique ! Hors de question de faire cela demain, sinon cela risque d’être la catastrophe dimanche matin…

Samedi 5 novembre

La nuit a été très mauvaise, courte et en pointillé; j’ai dû dormir 5h par petits morceaux. L’humeur est maussade (comme toujours quand je dors mal) et le stress est monté d’un cran (oui oui c’est possible). Je décide de faire une journée light : un peu de visite et retour à l’hôtel vers 15h. Je me pose au calme, ce bruit incessant est épuisant à la longue… Je décide préparer toutes mes affaires pour le lendemain; les fringues pour courir, les fringues chaudes pour l’attente sur le site de départ, la ceinture avec les ravitos. Tout est bon. 16h je me cale les pieds sur des oreillers avec un bon « film de filles » sur mon laptop (« Me before You » pour les curieux, larmichette assurée !!). Le stress part petit à petit, ça fait du bien. Petite « pasta party » bien sage en amoureux, un coup d’homéopathie pour le stress ( Gelsemium Sempervirens, très efficace !) et au dodo vers 22h30.

Dimanche 6 novembre, DDay

Il est 2h30 du matin, je suis réveillée mais reposée, ces quatre heures de sommeil ont été bien efficaces. Je décide rester sagement au lit à me reposer, ça ne sert à rien de s’exciter au milieu de la nuit, le réveil ne sonnera que vers 4h15. L’homme dort et je compte bien ne pas le réveiller. Le moment venu, je file m’enfermer dans la salle de bain, je bouquine un peu, traine sur les réseaux sociaux et je m’habille.

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J’embarque les copains dans l’aventure

Deux passages aux toilettes (huhu) plus tard, je rejoints le reste de la team belge dans le lobby de l’hôtel.

5:30. Nous démarrons vers la National Public Library où nous attendent les bus qui nous emmèneront vers le Staten Island. L’hôtel se situent à quelques minutes à pied de là, nous retrouvons donc très vite la masse de coureurs qui arpentent les rues. C’est vraiment très impressionnant, il y a des milliers de personnes qui se dirigent vers le même point de rendez-vous. Le bus est une des deux options pour rejoindre la ligne de départ, la seconde étant de prendre le métro jusque l’embarcadère du ferry pour prendre ensuite le bateau.

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La file pour prendre les bus

6:30. Comme tout est très bien organisé, nous attendons très peu de temps avant de monter dans le bus qui nous a été attribué. Toute la bande du James est réunie dans le même véhicule. Nous voilà parti pour 1h30 de trajet pour rallier le fort qui abrite la ligne de départ. Je choisi de d’abord dormir un peu et ensuite je déjeune tranquillement. L’ambiance est détendue, on se croirait en colo’ 🙂

8:00. Nous arrivons au Fort Wadsworth, tous les coureurs sont priés de se diriger vers l’entrée. Une (très) longue file nous attend avant de pouvoir accéder au site de départ. Petit hic, cela fait 2h30 que nous avons quitté l’hôtel et nous avons tous bu abondamment… Il faut absolument que je fasse pipi. Mais à cet endroit, il n’y a aucune toilette… Il ne reste que les buissons pour nous abriter. On nous a bien averti que les américains ne rigolaient pas avec ça (200 personnes ont été disqualifiée en 2015 pour cette raison) mais là je ne peux plus attendre une minute de plus ! Tant pis, je cours le risque, impossible de faire autrement. Par chance, je trouve un endroit avec un peu moins de flic et surtout bien planqué derrière une borne en béton. Je cours m’y réfugier quelques secondes, en priant pour que je ne me fasse pas choper 🙂 C’est bon, je me sens mieux, je peux reprendre l’attente plus posément à présent. La file avance petit à petit, et plus on approche de l’entrée, plus les flics sont rapprochés les uns des autres et plus ils sont armés ! Nous finissons par arriver au bout de notre attente et nous passons les différentes étapes de sécurité : vérifications des sacs, détecteurs de métaux, fouille au corps aléatoire, on se croirait à l’aéroport. A noter qu’il nous aura fallu 3h depuis notre départ de l’hôtel, pour atteindre ce point !

Il est à présent 8:30 et nous pouvons aller nous poser pour attendre patiemment l’heure de départ. On essaie de se retrouver sur le site qui est énorme.

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On se dirige très vite vers la zone bleue depuis laquelle la majorité d’entre nous prend le départ. Détail amusant : ils ont disposé de la paille sur la sol afin de couper l’humidité et l’odeur est vraiment forte, on se croirait à la ferme chez mes grands-parents ce qui est assez étonnant en pleine ville 🙂 On se trouve un petit endroit « cosy » et pas trop exposé au vent avec, pour le moment, pas trop de monde. On se pose (littéralement) sur les cartons et journaux que nous avons emmenés pour nous protéger du froid. Nous sommes bien emmitouflés dans nos multiples couches d’attente. Nous les nous abandonnerons avant de prendre le départ, des containers sont prévus à cet effet pour être ensuite redistribués par une association aux SDF.

Tout le monde est assez calme, on se repose, on mange un peu. Si vous le souhaitez, vous pouvez aussi vous rendre à la messe (inter confession). Le but est de passer le temps sans prendre froid durant les 3 prochaines heures…

Mais tout vient à point à qui sait attendre. Il 10:15, nous nous rendons dans notre SAS de départ (corral). Enième et dernier passage aux toilettes, nous allons nous ranger bien sagement dans la masse compacte de coureurs. J’avoue que là, j’ai vraiment la boule au ventre, les émotions se bousculent dans ma tête. J’ai le trac et je suis euphorique à la fois. « Enfin, on y est YES ! Putain, on y est. HAAAA ! »

10:45. Nous y sommes presque, nous avons considérablement avancé dans le SAS, nous sommes à quelques dizaine de mètres de la ligne de départ. Nous prenons le départ à 6 du James : Eric, Françoise, Bénédicte, Thierry, Henri et moi. A ce moment, je réclame à « hug » à Béné qui me semble le seul rempart au monde à ce stress qui monte 🙂 Elle se prête gentiment au jeu (heureusement pour moi HAHA). Les organisateurs font le show, grosse voix digne d’une bande annonce de film et « God Bless America » à fond. On a les poils comme on dit !

11:00. Le départ retentit. On y est !!! On se met à courir, et dès le départ ça grimpe !

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Concernant le profil de la course, on va en avoir pour son argent avec un tracé joliment vallonné dont voici quelques difficultés :

  • Départ, le Verrazano NarrowsBridge annonce la couleur dès le début de la course, c’est le pont est le plus imposant de tous, 4716m de longueur dont 1400m d’ascension à 4%.
  • Km 21, le pont Pulaski: 400 mètres d’ascension à 3,8%
  • Km 24, le Queensboro Bridge : 1200m d’ascension à 3%.
  • Mile 20, le Willis Avenue Bridge: 300m d’ascension à 3,2%.
  • Mile 24, la 5th Avenue« s’élève » sur 1300 mètres à 2,7% de moyenne, pas insurmontable en soi mais à ce stade du parcours c’est vraiment casse-pattes. Cette partie est souvent considérée comme une des plus difficiles du parcours.
  • Et pour terminer, les deux derniers miles dans Central Parkcomportent quelques bosses bien pénibles.

Le tout nous donne dénivelé positif total du marathon est de 265 mètres. Bim !

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Jusqu’au matin même, je n’avais aucune idée de comment j’allais aborder la course. Les seules choses que tout le monde me répétait étaient « Il faut que tu sois fraîche jusqu’au 30ème kilomètre » et « Attention c’est NY, ce n’est pas facile comme marathon, ne te crame pas ». Super ! Et avec ça je fais quoi, moi hein ?! D’après les estimations faites avec Nicolas (de Start Today) et Eddy (du James) je devais pouvoir courir ce marathon entre 4h20 et 4h30. Mais comme il s’agissait de ma première approche de la distance, il fallait rester prudent ; l’idée étant de recourir un autre marathon, non pas de se dégoûter et de détester ça ! Eddy me dit « Tu mettras 15’ de plus que prévu ».  Suite à une discussion avec un marathonien expérimenté le même matin en attendant le bus (véridique), j’avais décidé de courir selon mon seuil cardiaque, technique que j’avais pas mal utilisée durant mon entrainement. Tout à coup, cela me paraît couler de source alors que cela faisait des jours que je tergiversais avec moi-même. Je pars donc sur cette stratégie : je m’échauffe gentiment sur les 2km d’ascension du Verrazano-Narrows Bridge, une fois au-dessus, je pose le cardio sous les 160 BPM (163 BPM = 85% FCM) et je vois ce que les jambes donnent.

Mais là fini de réfléchir, il était de se mettre à courir à travers les 5 « boroughs » (arrondissements) de NYC.

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Tracé du parcours avec des suggestions d’emplacement pour les familles des coureurs.

Départ de Staten Island

Je grimpe gentiment le pont accompagné de mes potes du James. Nous sommes sur le tracé bleu qui nous fait passer sur la partie supérieure du pont. On a une vue à couper le souffle sur NYC, mais on est bien exposé au vent. Beaucoup de gens s’arrêtent et prennent des photos, c’est rigolo. Il est vrai que l’endroit est tellement exceptionnel que c’est assez tentant, je les comprends. 1500m plus tard je suis en haut du pont, ça roule. Je checke mon cardio, tout va bien. On amorce la descente après ce petit échauffement.

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Brooklyn

Au moment où j’arrive en bas du pont une voix tonitruante hurle dans un haut-parleur « Welcome in BroOOoklyyyyn ». Les poils de mes bras s’hérissent. Ces gens sont dingues 🙂 Je suis complètement subjuguée par le public autour de moi ! Je ne sais pas où regarder tellement il y a du public, je zigzague dans tous les sens pour faire des high-five aux gamins venus en masse le long du parcours.

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Je checke mon cardio régulièrement, il est posé gentiment entre 155 et 158, les jambes tournent à 6’25’’ de moyenne (ce qui donne 4h30 si je reste à cette allure), ça ne me semble pas mal et surtout ça va tout seul. Je garde donc ce tempo pour le moment, je réajusterai (vers le haut ou vers le bas) si nécessaire. Passage au km5 en 32’, tout va bien. Le groupe James s’est étalé mais je vois Henri quelques mètres devant moi, je décide de le remonter pour voir comment il va. Il semble en forme et espère passer la ligne d’arrivée en 4h30, ce qui me va très bien, donc on décide de rester ensemble tant que ça fonctionne. Enfin, ça c’est en théorie, et c’est sans compter les milliers de coureurs entre nous car on finira par se perdre de vue au bout de 2 kms. Le cardio et les jambes sont toujours aussi réguliers et le public est toujours aussi fou. Passage au Km10 en 1h04’ soit un second bloc de 5km en 32’. Je suis bien régulière, on va voir si je fais ça au prochain bloc. En réalité, cela devient un jeu avec moi-même et du coup je décide de partitionner ma course en 6x5km +12 km. J’avoue clairement qu’à ce stade de la course, je suis hyper bien et je profite du spectacle partout autour de moi ; par contre, j’ai décidé d’arrêter de faire l’andouille et de ne plus aller de droite à gauche pour faire des check aux enfants. Je me place entre les ravitos et la ligne bleue qui trace le parcours et je ne bouge plus.

Le 15ème km arrive, passage en 1h37’ soit 33’ aux 5 km, je suis toujours aussi régulière, ça m’éclate. C’est parti pour les 5 kilomètres suivants. Ce que je fais aussi c’est compter en miles, j’ai l’impression que ça va plus vite, même si le temps ne me semble pas long HAHA, ben oui c’est 26 miles et pas 42 km, pour le moral c’est sympa aussi 🙂

A ce moment de la course, il y a un truc absolument incroyable qui se passe, nous traversons le quartier juif orthodoxe de Brooklyn et là… plus un bruit. Rien. Personne. Plus de public, plus de musique. Des hommes habillés de noir et portant la barbe déambulent dans la rue. Quelques femmes sont dehors avec des enfants mais nous sommes comme 50.000 coureurs complètement invisibles.  Le seul bruit qu’on entend, c’est celui de nos semelles qui résonnent sur le béton. Après les presque 20 premiers km de fanfare permanente c’est vraiment déroutant… Il faut avouer que le marathon est extrêmement bruyant. Si vous y participer un jour, surtout ne prenez pas votre iPod, il ne servirait absolument à rien, vous n’entendriez même pas votre musique ! Je déconseillerais fortement à ceux qui aiment le calme de courir le marathon de NYC, le bruit est tellement omniprésent que ça pourrait être oppressant par moment, il faut bien l’avouer. Quelques centaines de mètres plus loin, le public est à nouveau présent. On arrive dans le quartier super branché Williamsburg. Le public est en masse, il crie et fait la fête en terrasse ; ça descend bien les verres à ce que je peux voir autour de moi 🙂

On approche des 20km (12ème miles environ) et en sachant qu’il y a un ravito tous les miles depuis le 3ème et que j’y ai bu un verre à chaque fois… j’en suis à 8 ! Il est temps que je fasse un arrêt stratégique. Des toilettes sont disponibles à tous les ravitaillements. Je sors du parcours et m’approche des « Cathy Cabines » comme on dit chez nous en Belgique 🙂 Punaise ! Il y a au moins 15 personnes, ça craint, je vais perdre 5-6 minutes facilement… Je m’avance plus loin dans la rue, prête à faire un pipi sauvage entre deux Chrysler mais je stresse de me faire choper par un flic 🙂 Je décide donc de faire demi-tour et de tenter un arrêt au prochain ravito, ça n’est pas encore super urgent. Je me remets donc dans le flot des coureurs quand, sur le trottoir d’en face, je vois une petite serveuse toute souriante devant un restaurant ; je me dis « qui ne tente rien n’a rien », je repasse sous la corde et je lui demande si peux utiliser les toilettes du restaurant. « Yes of course » me dit-elle. Trop cool ! Je rentre donc (toujours en courant) dans ce petit resto, où les gens se mettent à hurler en me voyant arriver, je vous l’ai dit, ils sont fous 🙂 Je me grouille, histoire de ne pas perdre trop temps et à mon second passage dans le resto, ils sont tous debout entrain de crier mon nom (écrit sur mon tee-shirt) « You rock girl ! Come on Sophie !! » Je suis morte de rire et je les remercie tous avec un « much appreciated ». Je me remets dans la foule et je continue ma course morte de rire de ce petit épisode sanitaire 🙂

Passage au km20 en 2h10, je suis toujours en mode métronome et en pleine forme, (33’ arrête pipi inclus sur ce bloc !) J’ai l’impression que je pourrais courir 60km!

Le Queens

On passe ici sur le pont Pulaski rejoignant Brooklyn au Queens. Il est très court, avec seulement 400m d’ascension seulement, mais pentu. On arrive au semi et au moment où l’on se dit « c’est bon, on peut décompter » Je passe ce cap en 2h17 et 36’’ avec le sourire.

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Je suis toujours en forme mais extrêmement méfiante de ce qui va suivre car la particularité de NY c’est que la seconde partie de la course est nettement plus dure que la première. C’est le marathon par excellence où l’on déconseille le « negative split ». Les affaires sérieuses vont commencer, le cerveau se met à cogiter mais reste sage, pas question de partir en vrille et de stresser, il n’y a pas encore de quoi.

J’attends avec une certaine appréhension de la fameux « Queensboro Bridge » qui relie le Queens à Manhattan au km24. Sur ce pont il n’y que nous car le public n’est pas admis, c’est tout à coup très calme, les seuls bruits sont ceux du train qui passe au-dessus de nos têtes ainsi que le vent qui souffle de côté. C’est vraiment une ascension difficile, un faux plat usant de 1200m qui nous empêcherait presque de profiter de la vue incroyable sur la skyline de Manhattan à notre gauche. Autour de moi, environ un tiers des coureurs sont soit à l’arrêt entrain d’étirer leurs mollets sur les bordures, soit entrain de marcher (Tactique ? Douleur ?). J’avoue que je me sens un peu mal pour eux en me disant que certains sont vraiment mal embarqués vu qu’il reste encore 18km à courir… J’ai été assez perturbée par ce constat et j’ai dû recourir à penser à mes potes et ma famille pour ne pas ma mettre à stresser en me disant « Ce n’est pas normal que tu n’aies pas encore mal, ça va te tomber aussi sur le coin de la tronche ».

Pile au-dessus du pont se trouve le km25 que je passe à nouveau en 33’. Tadaaaa, j’ai l’impression de jouer à Mario Bros et d’entendre la cloche chaque fois que je maintiens mon tempo 🙂 Je profite de la descente du pont qui semble presque brutale et je me focalise sur le fait que je vais bientôt voir mon mari et nos amis supporters belge. Depuis le haut du pont on entend le murmure grandissant du public présent en bas.

Manhattan

Après la descente du pont, on retrouve la terre ferme avec un fameux virage à 270° qui nous envoie sur la 1st Avenue. Le public est à nouveau là en masse et la bruit très fort. Je suis un peu abasourdie après la concentration et le calme du Queensboro bridge. C’est parti pour 4 miles (6,5km) de ligne droite avec le vent de face mais j’encaisse, je sais que mon mari sera là au km27. Je guette les drapeaux belges sur la gauche de la route mais je ne vois rien au loin… Mon moral en prend un coup 😦 Où sont-ils bon sang ? Il y a énormément de monde autour de moi, beaucoup de gens marchent, je dois slalomer et ça me gonfle. Je travaille mes images mentales pour me booster et j’imagine mes amis s’exciter devant leur application de tracking pour passer ce mauvais moment. En fait, j’étais très proche de la réalité car ils étaient complètement déchainés en Belgique. Je suis perdue dans mes pensées positives quand tout à coup, il me semble apercevoir des drapeaux belges sur la gauche. Oui c’est bien ça ! J’explose de joie et je me rapproche le plus possible de la barrière. J’aperçois vois mon mari avec son appareil photo !

 

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Je lui fais signe que tout va bien mais je ne m’arrête pas même si beaucoup de coureurs prennent le temps d’embrasser leur familles car j’ai peur de ne pas savoir redémarrer. Je sais qu’on approche le cap fatidique des 30km et je ne veux pas courir le moindre risque.… Ça m’a fait vraiment beaucoup de bien de les voir là, j’ai l’impression d’avoir pris un Redbull 🙂

Je continue ma progression et je passe le 30ème km en mode métronome en 3h16 avec toujours 33’ aux 5 kms. On m’avait dit d’y arriver fraiche, c’est le cas. Je sais que je vais sans doute « en chier » pendant les 12 derniers mais cela semble relativement logique sur un marathon. Je me dis « Ok il reste une sortie du dimanche, serre les dents si nécessaire mais avance ».

Le Bronx

Micro passage dans le Bronx que l’on rejoint via le Willis Avenue Bridge. Court mais efficace, 300m d’ascension sur un petit pont un peu mal fichu et surtout pas du tout adapté au passage de plus de 50.000 coureurs 🙂 Fini la ligne droite de la 1st Avenue ! On tourne un peu dans tous les sens pour très vite repasser sur le dernier pont qui nous ramène à Manhattan, le Madison Avenue Bridge. A ce stade, je guette le mur. A chaque km que je franchis, je me dis «ok, c’est toujours ça de pris sans souffrance, tout va bien ». 31, rien. 32, rien … 33, « Ha ! Là j’ai atteint la distance la plus longue parcourue auparavant mais tout va bien. » 35, toujours rien…

Manhattan, again.

Nous traversons Harlem, difficile d’imaginer qu’on est sur le 5th Avenue et que quelques centaines de mètres plus loin, nous atteindrons les quartier les plus huppés de Manhattan (Gossip Girl ça te parle ?)

Je passe en 32’ le tronçon 30-35km toujours sans souffrance. Je me dis que je vais finir par le payer puisque cette avenue est un faux plat constant durant 2 miles juste avant les bosses de Central Park qui nous amènent sur la fameuse finish line. Je décide de faire un petit constat de mon état général qui est, en réalité, plutôt bon. J’ai les cuisses dures, clairement, mais en dehors de ça je n’ai absolument mal nulle part ! Ça me semble complètement incroyable de me sentir « aussi bien » après 35km et 3h48 de course. Je continue à bien m’alimenter et m’hydrater, je ne rate aucun ravitaillement. Petit à petit je grappille les km.

J’arrive au 24ème miles où l’on rentre dans Central Park pour les 2 derniers miles. Il reste un gros 3km, je me sens bien, même si la fatigue s’installe.

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Dans Central Park, ça monte et ça descend sans cesse, je passe mon temps à slalomer autour des nombreux marcheurs ça me fatigue, au premier sens du terme, beaucoup. J’ai envie de voir Thomas, je sais qu’il sera bientôt là mais je ne sais pas où exactement 😦

Passage au km40 en 4h21, je suis toujours en mode métronome mais là je commence à en avoir marre, j’ai envie d’arriver. Je vais essayer d’accélérer un peu. Un petit gel « coup de fouet » Overstims plus tard et je croise Thomas un peu plus loin, je me sens mieux ! Je lui dis que je suis fatiguée mais que ça va, il se met en route vers notre « meeting point » et moi je continue à courir 🙂 Passage du Km 40 à 41 en 6’12’’, l’accélération est en marche malgré tout. On ressort de Central Park pour arriver sur Central Park Avenue où le public est déchainé, je suis ultra concentrée, je veux en terminer avec ce marathon.

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Passage au km42 en pile 4h30 (mon objectif, youhou) avec une allure de 5’50’’ sur ce km ! C’est bon ça ! On rentre à nouveau et définitivement dans Central Park pour les dernières centaines de mètres je continue à pousser sur les jambes, je suis toujours déterminée et extrêmement sérieuse. Autour de moi tout le monde hurle de joie, moi je ne pense qu’à cette ligne que je vais enfin passer. Encore un peu de courage, Sophie.

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Quand je vous dis que je suis la seule à ne pas hurler (tout à droite)

J’y suis, 740 m à une allure de 5’27’’ plus tard, je franchis la ligne d’arrivée du marathon de NYC. Je suis complètement incrédule… Je regarde autour de moi, je n’en reviens pas. « Je l’ai fait. Moi, j’ai couru le marathon de NYC. MOI ?! «  Je suis finisher du plus grandiose marathon urbain du monde. Cela me semble complètement surréaliste… Je reçois ma précieuse médaille et j’atterris petit à petit.  J’appelle d’abord Thomas pour le rassurer, ensuite les copines restées en Belgique qui m’ont envoyé des messages à mon arrivée. Je pleure enfin, la fatigue, l’émotion, la joie. Tout se mêle. Je réalise ce qui vient de se passer. J’appelle ma fille qui est chez mes parents et elle me félicite, tout fière de me dire qu’elle m’a suivi toute la soirée. A ce moment, je suis complètement submergée par l’émotion et un monsieur de l’organisation me propose gentiment de me photographier avec mon téléphone. Avec cette photo prise sur le vif, je décide de laisser un message à mes amis sur mon profil Facebook où les messages affluent déjà de toute part. Mes amis étaient complètement déchainés, c’était incroyable à découvrir. Ils avaient suivi la course comme un quart de final des Diables Rouges !! Complètement barrés les copains  🙂

J’ai eu beaucoup de mal à débuter ce récit alors comment le conclure ? Je pourrais partir sur 6 nouvelles pages d’impression post-marathon mais je pense que j’ai déjà perdu certains d’entre vous en cours de route 🙂 Donc je terminerai simplement en disant MERCI à tous mes amis qui m’ont porté durant ces 4h34’34’’ sur 42,740km. Etre entourée comme cela, il y a juste de quoi avoir le BIG SMILE non ?

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Un jour j’irai à New-York avec toi

Juin 1976, pleine canicule. Je pointe le bout de mon nez avec 3 semaines d’avance.  Un petit machin 48 cm avec les oreilles décollées, tout un programme 🙂

Janvier 2016, j’ai gagné 117 cm et je suis chirurgicalement retouchée des conduits auditifs. Je passe en V1. BIM dans tes dents, maman.

Juin 2016, c’est officiel, je suis une quadragénaire. Misère…

La crise de la quarantaine, ça fait mal ?

Mon homme, il s’est acheté une voiture de sport pour ses 40 ans. Elle est jolie, il a eu raison, et puis elle roule (super) vite et (super) bien. J’aurais pu faire la même chose mais en même temps il n’y plus de place dans le garage… Ca commençait à faire compliqué. Fallait me trouver un truc moins encombrant. Genre un dossard ?! Parfait ça ne prend pas de place et ça coûte moins cher qu’une voiture 🙂 Deal !

L’idée du marathon s’est vite imposée car depuis mes deux participations aux 4 Cimes de Herve, la longue distance me faisait de l’oeil, je me sentais prête. Le tout étant de trouver LE dossard à accrocher sur mon plus beau tee-shirt.

Le dossard, ok.
Les 42,195 km, ok aussi.
Oui mais où ?

J’avais d’abord pensé participer au marathon de Valence avec Vanessa, mon binôme, mais une blessure récalcitrante chez elle m’a fait abandonner cette idée… Et puis, un jour, lors d’un drink entre coureurs, deux amis de mon club viennent me parler d’un projet qu’ils ont envie de tenter en groupe : courir le marathon de New-York. Il n’en faut pas plus pour que je morde à l’hameçon, évidemment je veux en être, quelle question !?

Tout début janvier 2016, nous participons à un concours organisé par le Magazine Zatopek qui propose 40 dossards (et les voyages associés) pour le TCS New-York City Marathon. On tente le coup. Nous sommes tous les 6 dispersés des places 42 à 48 et donc sur liste d’attente. Je suis évidemment la dernière du groupe (rien de tel pour booster l’adrénaline…). Il faudra 4 semaines de patience pour que la liste d’attente remonte petit à petit, nous repêchant les uns après les autres ! Il n’y a pas à dire, on a passé quelques moments exaltants durant cette période, rien de tel pour souder le groupe. (Et je n’ai absolument pas fait chier tous mes potes à chaque fois que je montais d’un cran sur cette liste, HAHA encore désolée les copains !!)

Mi-février, la bonne nouvelle est officielle, nous partirons avec la trentaine d’autres coureurs “Zatopek” à New-York pour le courir ce marathon M.Y.T.H.I.Q.U.E (Je me sens comme Nikos Aliagas sur le coup !)

Le dossard et le tee-shirt de la James Team pour l’épingler, ok.
Les 42,195 km à New-York, ok aussi.
Y a plus qu’à s’entraîner, un détail (ou pas) !

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Concernant l’entrainement de course à pied, pas de souci, je fais confiance à Eddy notre coach du James qui nous concoctera un plan. Mais j’avais aussi envie de bien me préparer musculairement. J’avais repris la salle il y a 2 ans et je comptais bien continuer sur ma lancée mais je sentais que j’atteignais mes limites en terme de qualité d’entrainement en solo. Sur les conseils de Jonathan du blog Running Geek, je décide de prendre contact avec l’équipe de Start Today dont il avait déjà parlé sur son blog.

Start Today c’est qui et quoi ?

Nicolas, Vincent et Yves d’Harveng sont trois frères athlètes de haut niveau, ils ont étudié l’éducation physique et se sont spécialisés dans la préparation physique et l’entraînement sportif. Depuis 2015 ils ont associé leurs talents et proposent différents services allant de la préparation physique, au coaching d’entreprise en passant par la formation et le personnal training.

Je me suis dit « et pourquoi pas moi » ? J’avais envie de vivre ce premier marathon et sa préparation intensément et une bonne préparation fait partie de mon mode de fonctionnement; je décide donc de les contacter par mail en expliquant mon projet de marathon et ce que je recherchais. Vincent me recontacte très vite, j’ai un super feeling après notre première discussion, je sens que cette approche me correspond et on lance la machine. Il m’explique que ce sera Nicolas qui s’occupera de moi. Misère, j’avais les jetons tout d’une fois !! Il faut dire que Nicolas est un peu impressionnant au premier abord, il est très grand et a un niveau sportif très impressionnant, je me demandais si j’étais bien à ma place avec lui 🙂 Mais ça ne dure absolument pas, car au bout d’une séance je prends mes marques et me sens à l’aise. (Il faut dire que pleurer sa mère en faisant la planche et des éducatifs ça aide à mettre son orgueil de côté. Je décoOOnne !! ). En tout cas, comme en témoigne une autre coachée sur leur site, je ne changerais de coach pour rien au monde. Merci Nicolas pour ta patience et ta gentillesse, avec une andouille dans mon genre tu dois rire/souffrir parfois 😉

Septembre 2016
Cela fait maintenant 11 semaines que je travaille avec Nicolas et 6 semaines que la préparation spécifique course à pied a débuté. Je cours 3x/semaine, je vois Nicolas 1x/semaine, je me déplace dans Bruxelles un maximum sur mon vélo pliant.  Ce qui me donne des activités assez variées comme on peut le voir sur mon calendrier Garmin :

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Le marathon est dans 2 mois. Je ne peux pas dire que je sais où je vais ni comme j’y vais mais ce qui est certain la machine est en route et que je me sens bien. Je sens que l’entrainement porte ses fruits et surtout je m’éclate dans ma préparation. Je suis sereine même si je suis pleine de doutes aussi, ce ne serait pas moi sinon… Et surtout, je suis prête à en découdre avec cette distance mythique.

On refait le point dans 1 mois ?
J’espère toujours avoir le SMILE à ce moment-là !

Nouvelle collaboration : Start Today

Jonathan Quique consultant web

Nicolas, Vincent et Yves d’Harveng sont trois frères originaires du Hainaut (Flobecq), aujourd’hui installés au centre de la Belgique, entre Louvain-la-Neuve et Namur, respectivement à Chastre, Balâtre et Spy.

Tous les trois athlètes de haut niveau (on compte un titre de Champion de Belgique junior du 800 m et plusieurs podiums nationaux sur piste et en duathlon dans la d’Harveng Family), ils ont étudié l’éducation physique et se sont spécialisés dans la préparation physique et l’entraînement sportif.

Yves Vincent Nicolas d'Harveng Start Today

La suite logique était de conjuguer les talents de la fratrie au sein de Start Today. La société fondée en 2015 propose ses services de :

  • préparation physique : suivi à la pointe pour des athlètes (sports individuels et collectifs) souhaitant gagner en vitesse, force, endurance ;
  • entraînement : création de programmes personnalisés pour les sports d’endurance (running, trail, triathlon) et organisation de séances techniques en natation et…

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Les Quatre Cimes du Pays de Herve (33km 600 D+), course champêtre

Après une expérience plutôt satisfaisante en 2014, je décidai de remettre le couvert cette année. Je me disais que ce serait bien de me confronter encore une fois sur une longue distance avant de me frotter aux fameux 42,195 kilomètres qui commençaient à me faire drôlement de l’œil. J’ai accroché mon premier dossard en janvier 2012, m’épingler celui d’un marathon en 2016, année de mes 40 ans, me semblait une toute bonne idée. Mais revenons à nos moutons, le marathon ce sera l’objet d’un autre article 😉

Quand on se rend sur le site de la course, elle est présentée comme ceci :

« C’est le pari d’un groupe de coureurs amoureux de leur pays et d’une certaine philosophie de la course à pied. Celle qui se veut d’abord aventure et découverte des autres. Celle qui plonge ses racines dans la nature et trouve son plaisir sur un parcours dur, sélectif, où l’âme et le corps peuvent se libérer. (…) Le profil des 4 Cimes est impressionnant; la fête, au bout de l’effort n’en sera que plus belle. Avec l’aide d’entreprises amies, nous voulons, plus que jamais, nous mettre au service des coureurs. Leur faire plaisir à une époque où l’on songe trop souvent à les exploiter. C’est pourquoi l’inscription est gratuite et la récompense la même pour chacun. »

Le ton est donné : une course champêtre, ultra conviviale où le marketing n’a pas sa place. Le public est présent et chaleureux; les coureurs sont accueillis avec joie et simplicité.

Tout comme en 2014, j’avais couplé la préparation de ce challenge longue distance avec celle des 20km de Paris , mon objectif vitesse de l’année. Depuis fin août j’enchainais donc sorties longues, courses sur moyenne distance et préparation physique à la salle de sport. J’avais également fait quelques entraînements spécifiques en côte.

On est le 8 novembre, « y a plus qu’à » comme on dit.

Niveau chrono, je ne me mets pas trop la pression, je veux « juste » faire mieux qu’en 2014 où j’avais bouclé cette course en 3h45. Je pense pouvoir atteindre 3h40 en 6’40’’ de moyenne cette année.

Joseph, un de mes habituels compagnons de course, tente de m’entrainer avec lui vers 3h30, mais je sais pertinemment que je ne serai pas capable d’atteindre cette objectif même en me faisant mal. Cette course est suffisamment difficile comme ça que pour me mettre un objectif hors d’atteinte, je joue la carte de la prudence et refuse son invitation à le suivre 😉

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Le profil montre bien que les coureurs doivent affronter 17 côtes et seulement 2 km de plat… Ca va cogner dur ! Les 4 cimes « officielles » à franchir se situent aux kilomètres 6,5 – 17 – 22 et 30 (tu le vois le mur, tu le vois ?). Avec une cinquième cime non répertoriée en bonus, l’arrivée en côte à Bouxhmont.

Ma stratégie est simple pour tenir mon objectif : je tiens le 6’20’’ (ni trop ni, trop peu) sur les 22 premiers kilomètres, ce qui me laisse de la marge car je sais que je vais perdre de la vitesse après le 25ème kilomètres. A ce moment, le mental doit prendre le relais car les jambes flanchent sérieusement. Il est vraiment très important de se tempérer sur ces deux premiers tiers de la course pour ne pas se griller. Les difficultés de la course viennent crescendo : une mise en jambe sur les 13 premiers kilomètres et ensuite les choses sérieuses commencent. Les douleurs sont très présentes au niveau des jambes et/ou des articulations des genoux sur les 8 derniers kilomètres de la course, il faut vraiment se préserver pour ce tronçon réputé difficile.

Nous étions une douzaine de James à Herve ce jour-là. Quelques rapides du club tourneront autour des 3h00 (2h51 pour le meilleur !), un second groupe est parti pour clôturer en 3h30, ensuite arrive notre groupe autour des 3h35/3h40, pour terminer avec un dernier groupe autour des 4h00.

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11h le départ est donné, on se lance.

Je prends le départ avec Michel, Pierre et Pierre Junior (18 ans). Les deux premiers n’avaient jamais fait cette course et savent que je tiens le tempo décidé dans la prépa, le 3ème s’était grillé l’année passée parce que parti avec un groupe trop rapide (une erreur de jeunesse). Je le taquine en lui disant « reste avec maman jusqu’au semi, après tu feras ce que tu veux mais tu ne te grilles pas ! » Gravite autour de notre quatuor quelques copains du James et Thierry Godefridi, le marathonien de cœur et d’esprit, que je retrouve après avoir couru avec lui une partie de la Descente de la Lesse en août dernier.

Je regarde ma montre constamment car on allure moyenne depuis le départ est affichée en permanence. Je cours toujours selon ma moyenne, c’est une de mes habitudes mais encore plus sur un parcours comme celui-ci !

L’ambiance est bonne et détendue et le soleil est de la partie (j’imagine devoir faire cette course sous la pluie et 5°C …).

Au bout de quelques kilomètres, le gros du groupe se disperse sur 300-400m. Michel, les Pierre et moi sommes toujours ensemble, tout se passe bien, l’entente est bonne. Ça papote, on profite du soleil et du magnifique paysage que la région nous offre. Je surveille le jeune Pierre de près et l’empêche de foutre le camp 😉

Km 6.5 : 1ère cime. J’avoue que je ne la sens pas vraiment passer car sur les 13 premiers kilomètres le parcours ne fait que descendre et remonter, c’est assez varié. C’est un excellent échauffement en réalité.

Km 11  1/3 de la course pile en 1h10. Timing parfait, on est réglé comme une horloge.

Km 17 Seconde cime, une petite vilaine dans un sentier étroit, j’opte pour la marche. J’ai toujours les deux Pierre à mes côtés, Michel est quelques mètres devant entrain de courir. Il se sent bien et décide d’accélérer. Arrivés au-dessus de cette cime je me rends compte qu’on a perdu Pierre Junior dans la bataille, je ne le vois plus … Je me dis qu’il va arriver et (l’autre) Pierre et moi on continue. En réalité, il ne nous remontera jamais, il a eu quelques difficultés à ce moment de la course alors qu’aucun signe ne le laissait présager … Je ne comprends pas trop ce qui s’est passé, le groupe l’avait vraiment freiné pourtant (9,5km/h versus 12km/h l’année précédente sur cette même portion).

Pierre et moi, on continue. Tout se passe bien, on parle rando en montagne tout en voyant les kilomètres défiler. On n’oublie pas de s’alimenter.

On a passé la moitié de la course, on peut commencer à décompter 😉

Km 21 Passage au semi en 2h14, on profite de la pente pour soulager le cardio car la prochaine cime est à quelques centaines de mètres.

Km 22 2/3 de la course pile en 2h20, je suis toujours en mode métronome même si je sais que la moyenne ne va pas tarder à baisser avec ce qui se profile à l’horizon.

On attaque le passage de la 3ème cime, la plus longue, mais c’est une route bétonnée assez large qui zigzague sur un kilomètre. Je dis à Pierre « Ne m’en veux pas si je me planque dans tes jambes de montagnards, mais celle-ci elle est vraiment longue ». Et là (le truc que je n’ai toujours pas compris plusieurs semaines plus tard…) c’est que je me mets à grimper cette cime avec une facilité presque déconcertante ! Je me déporte sur la gauche et je dépasse Pierre. Je me rends compte que mon entrainement urbain en côte porte quand même ses fruits et j’avance. J’attaque chaque tournant de manière souple, tout se fait naturellement et sans douleur, j’ai l’impression de glisser sur le béton… Même si bien évidemment je suis très contente d’arriver en haut ! A ce moment de la course je pète le feu et je compte bien surfer sur cette vague tant qu’elle me porte ! Après un bref arrêt au ravito, je pousse sur les gambettes et je poursuis ma route. Pierre reste derrière, il a besoin de récupérer.

Je me retrouve seule et il me reste 10 kilomètres à parcourir.

Au niveau mental tout va bien, au niveau physique, les quadris tirent depuis 5-6 km (déjà, malgré ma prépa… ) mais rien de vraiment méchant et surtout rien qui m’empêche d’avancer. Par contre, je suis parfaitement consciente que ce n’est que le début des douleurs et qu’elles vont très vite s’accentuer et ne plus me quitter. Il faudra courir en serrant les dents ! Mais là tout va (encore) bien et je compte bien en profiter tant que ça dure.

Je continue ma route. Je passe Michel qui nous avait quitté au km 17, ensuite Olé qui court avec Thierry Godefridi, et puis Laura au km 25.  Petit à petit je remonte tout le gros groupe étalé des 3h40, je suis vraiment seule à présent… Les douleurs sont de plus en plus prononcées, mais cela reste gérable, j’avance tant que je peux. A ce stade de la course, le moral peut jouer les montagnes russes et changer tous les 300m, tout ce qui est pris n’est plus à prendre !

Km 29 Je tombe sur Olivier, parti avec le groupe des 3h30, il est seul et pas en trop bon état. Il me regarde un peu désespéré en me disant  » T’es déjà là ?? Où est ton groupe ? » Je lui explique le déroulement des kilomètres précédents et on continue notre route ensemble ; je suis contente d’avoir de la compagnie. Autour de nous, de plus en plus de personnes marchent (dont beaucoup d’hommes); un coureur du genre affuté qui est toujours loiiiiin devant toi est entrain de vomir ses tripes sur le bas-côté. Je lui demande si ça va ou s’il veut qu’on appelle l’organisation mais il lève son pouce et nous dit qu’il gère. On poursuit.

Km 30 L’état de grâce ne pouvait pas durer éternellement, je me prends « le mur » dans la tronche. BAM ! Le moral est au plus bas, j’ai vraiment mal aux jambes. Je suis toujours avec Olivier à qui je dis « t’inquiète pas si je pleure mais là putain j’en ai plein les pattes, je n’en peux plus ». Il me dit de ne pas m’inquiéter et qu’il est dans le même état que moi de toute façon 😉 Nous montons la dernière cime. On commence à alterner marche et course « Allez ! On court jusque l’arbre là-bas ». « Allez ! On marche encore 100m puis on y retourne ». Je m’accroche à l’idée que la ligne d’arrivée nous attend à 3 km et que le plus dur est fait… C’est là que tu penses à tes potes qui attendent de tes news et qui t’encouragent par SMS, sinon tu te mets sur le côté, tu t’assieds et tu pleures 😉

Km 31 Je serre les dents et j’avance mais je n’en mène pas large, je suis au bout, partagée entre l’exaltation de cette course palpitante et les douleurs dans les cuisses. Olivier est cuit et décide de me laisser avancer seule. Je poursuis tout en regardant constamment derrière moi car je suis obsédée par le fait que si je me fais remonter à ce moment par les James que j’ai dépassé, le moral ne remontera plus « jamais »… Cette poussée d’orgueil me donne une bouffe d’énergie et de courage !

Km 31/32 C’est la toute dernière descente, celle qui tétanise les pattes. A ce moment-là,  je suis à côté d’un liégeois qui est seul et je me place à côté de lui. Je lui dis que j’ai besoin de compagnie pour quelques mètres histoire de relancer la machine. Il me dit « ok ça tombe bien moi aussi, on y presque, mal pour mal on serre les dents et on va courir cette dernière descente ». De fait, ça ne fait pas plus mal que marcher et surtout ça nous rapproche encore de la ligne d’arrivée ! Un petit 5’45 de moyenne sur ce kilomètre de descente mortelle. Ça fait très mal aux jambes mais du bien au moral, on se soutient tous les deux et on continue à avancer. En bas de la côte, nous sommes pile à 1km de l’arrivée : 500m de plat et 500m d’une ultime cime me séparent de la ligne. J’ai mal mais il ne me reste que quelques minutes d’effort à fournir et j’aurai atteint mon but. A ce moment, je croise Philippe, un autre James parti avec le groupe 3h30. Il est assis par terre, un cycliste pousse sur ses pieds pour le soulager comme il peut des crampes qui le tétanisent. Je laisse mon compagnon liégeois avancer en lui expliquant que je ne peux pas laisser quelqu’un de mon club dans cet état aussi près de l’arrivée, je le remercie pour la compagnie et il poursuit sa route.  Je propose à Philippe de se remettre debout et de continuer ensemble, nous y sommes presque. Il repart avec moi pour quelques dizaines de mètres, mais les crampes l’assaillent à nouveau et il capitule.

Km 32 Il me reste moins d’un kilomètre. Le liégeois est tout près et moi voit arriver. Il m’encourage à le remonter, j’y suis presque mais une dizaine de mètre nous sépare, je n’arrive pas à aller plus vite, plus loin. Les 500m de la côte d’arrivée sont là. Nous nous parlons pour nous encourager, lui et moi, à distance. La pression redescend et les émotions commencent à se mélanger. Son frère vient à sa rencontre et nous papotons tous les trois comme si de rien n’était, c’est vraiment rigolo, nous courons ensemble depuis 15’ mais on s’encourage comme si nous en avions couru 90’.

Je me laisse submerger par l’émotion quand je passe le responsable avec son micro qui annonce l’arrivée des coureurs, j’entends les coureurs du James crier mon nom « Sooshi ! Sooshi ! Sooshi ! T’es déjà là, génial ! Avance, il ne reste que quelques mètres ». Ils sont tous alignés le long des barrières et me tendent leurs mains. Je passe la ligne d’arrivée en larmes (de joie !) pour me retrouver dans les bras de Joseph et Magali. J’y suis arrivée !! 3h38’ 42’’ au chrono soit 7’ de mieux que l’année précédente ! Je redescends sur terre et j’appelle mon mari pour le rassurer. Je vois que mon « ami » liégeois est assis avec son frère sur un banc, je vais l’embrasser et le remercier pour sa présence et son soutien sur les derniers kilomètres. C’est bien cet esprit que j’aime dans ce type de course, et c’est cela qui me poussera à en programmer quelques-unes en 2016. Des coureurs fair-play, qui sont là pour se dépasser certes, mais qui se soutiennent dans l’effort.

Petit à petit les autres coureurs du James arrivent et nous rejoignent sur la ligne d’arrivée. Une fois nos troupes rassemblées, départ pour une douche et un massage amplement mérités. Vient ensuite un repas convivial offert par l’organisation, fromage de Herve (évidemment) et une Val Dieu en bonne compagnie après une journée pleine d’une multitudes d’émotions, que demander de plus ? 😉

603 coureurs, dont seulement 97 femmes, ont passé la ligne d’arrivée, j’en suis très heureuse et très fière (ben oui quand même !). De quoi avoir le SMILE non ?

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Les 20km de Paris édition 2015, encore un CR à la bourre !

La course date d’il y a 7 semaines, bravo ! 

3ème participation à cette belle course, et pas mal de changements par rapport aux années précédentes.

Tout d’abord je partais seule à Paris… Deux raisons à cela:

  1. Mon amoureux m’avait dit qu’il ne m’accompagnait pas cette année car il s’était ennuyé il y a un an (il était le seul « non coureur »), ce que je comprenais fort bien.
  2. Vanessa avec qui je devais courir (et partager ma chambre d’hôtel) traine une blessure et a déclaré forfait.

Me voilà donc seule à partir pour fouler le bitume parisien! Enfin, seule, pas tellement que ça puisqu’il y avait une trentaine d’autres coureurs du James qui participaient cette édition 2015. J’allais donc avoir de la compagnie pour la pasta party du soir :-).

Parenthèse culinaire : ce qu’il y a de frustrant quand tu vas courir à Paris c’est que tu as un tas d’endroits hyper sympas où bien manger et toi, tu te fais un dîner léger genre poulet-brocoli façon protéine et une pasta party pas très sexy le soir avant de te coucher à 22:00 histoire d’assurer le lendemain. Bref on ne profite pas beaucoup de la gastronomie parisienne – du moins avant la course – ce qui pourrait être légèrement frustrant. Note pour plus tard faire cette course façon sortie longue et profiter pleinement de la vie parisienne le temps du wee-end :-).

Ma copine Jess (une turbo fusée dont je n’ai pas encore parlé sur ce blog) était aussi de la partie cette année, nous avions décidé de nous retrouver à notre arrivée à Paris et de passer l’après-midi ensemble au village des 20km.

Après un lunch léger on part récupérer nos dossards, nous allions enfin avoir confirmation de notre sas de départ (LE gros changement de cette édition 2015). Comme je l’avais demandé, je partirai bien du sas 1h45-1h54 (comme je vise 1h50 c’est parfait !). Le même sas est attribué à Jess. Mais comme un mois auparavant, elle avait fait un très beau 1h43 au semi-marathon de Nivelles, elle tente un changement de sas pour passer en 1h35-1h45, elle n’a rien à perdre à essayer. Là c’est la surprise, car comme c’est une femme, ce temps sur une course officielle lui permet carrément de partir dans en préférentiel 2 ! La course promet d’être intéressante !

Sur le coup de 19h je rejoints la trentaine de James présente à Paris pour la pasta party. L’ambiance est de mise, on passe une très bonne (mais trop courte) soirée. 22h30 au dodo, on se lève tôt demain.

05:30 je suis déjà debout et passablement excitée comme chaque année ! Je traine au lit. Plus besoin de me planquer entre le placard et le toilettes pour ne pas réveiller l’homme qui dort encore :-). Gatosport et Netflix au programme avant de retrouver les James au petit-déjeuner. Je passe le temps en customisant mon dossard avec les # qui me tiennent à cœur en cette occasion.

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08:45 départ de l’hôtel, c’est un peu le gros (très gros!) bordel à l’approche de la Tour Eiffel. En effet, l’organisation avait prévu des sas de départ cette année et les coureurs sont un peu perdus. Ça bouchonne, ça cherche son chemin.

Pour ma part, je devais retrouver Yannic (avec qui je prends le départ de la course cette année) pour 9:15 au niveau du pied nord de la tour. Nous nous sommes rendus compte que nous partions du même sas 2-3 jours avant la course, et comme c’est toujours plus sympa de courir à plusieurs, nous avons sauté sur l’occasion puisque nous courons à la même allure. Nous avions déjà couru ensemble « en pointillé » à Dinant lors de la Descente de la Lesse ou bien sur certains Challenges du Brabant Wallon, mais jamais une course complète, je suis contente.

A Paris, Yannic prend le départ au couleur de l’association «le Soleil d’Elio asbl» au profit de laquelle il avait couru le Marathons de Sables en avril. Elio est un petit garçon de 5 ans plein de vie qui souffre d’amyotrophie spinale. C’est une maladie qui évolue et qui s’attaque essentiellement aux muscles. Elio déborde de joie de vivre, mais doit surmonter tous les obstacles de la vie quotidienne… Je décide donc de porter fièrement avec lui les couleurs d’Elio à Paris et d’amener son drapeau sur la ligne d’arrivée.

Vu le gros bazar pour atteindre la Tour Eiffel ça a été évidemment la même chose pour retourner vers les sas. Il a fallu escalader les buissons et les haies en tout genre (tiens tant qu’on y est arrêtons-nous pour faire une pause pipi !). Arrivés devant notre sas, ça bouchonne pour passer de l’autre côté des barrières de sécurité. Certaines personnes n’arriveront à y rentrer que lorsque l’on se met à avancer une fois le sas précédent vidé; certains passent même par dessus les barrières qui montent quand même à plus de 2 mètres de haut pour tenter de rejoindre les autres coureurs … Bref PAS TERRIBLE Paris sur ce coup, je suis certaine qu’il y a moyen de revoir ta copie !

Par contre l’ambiance est excellente dans les sas, un gros plus pour l’organisation parisienne ! Musique entrainante, échauffement en groupe, elle n’a pas hésité à mettre le paquet, on s’amuse beaucoup en attendant le départ.

Mais qui dit attente (1h), dit boire et qui dit boire dit faire pipi (encore), quelle poisse quand tu es une fille … Avant l’instauration des sas on faisait un « pipi-groupé » avec les filles du James, ce qui nous a valu de beaucoup rire l’année dernière mais là je suis « seule » et je dois vraiment faire pipi … Et je suis coincée dans un sas dont je ne peux pas sortir (c’est là que tu aimes vraiment beaucoup les boxes de départ des 20km de Bruxelles qui permettent de circuler)! Mais quand il faut il faut, protégée des regards sur la partie la plus charnue de mon anatomie (huhu) par mon « poncho » qui me protège du froid, je m’accroupis au milieu des 5000 personnes et je fais pipi en solo. Pas le choix ! Les mecs, eux, sont relax, et font pipi dans leur bouteille d’eau vide ni vu ni connu! Avis aux organisateurs de courses faut vraiment trouver des solutions pour les femmes … Yannic est mort de rire à côté de moi et il a bien raison :-). Ce tout petit moment de solitude passé, je me sens mieux huhu.

10:00 les élites partent, suivis très vite des « préférentiels » 1 et  2 (dans lequel se trouve Jess). 10 :15 ça commence à bouger de notre côté, chaque sas prenant la place du précédent en mouvement.

Concernant le tempo, je m’étais placé un objectif identique à celui de l’année passée, soit 1h50 (5’32 au km). Je ne pensais certainement pas être capable de faire mieux car un an après je me demandais toujours comment j’avais fait en 2014, profitant très certainement d’un alignement planétaire favorable pour courir à cette allure. Mon idée était de premièrement, tenter de refaire ce chrono, deuxièmement, être plus relax dans cette allure. Comme chaque fois avant une course de cette ampleur je doute toujours de mes capacités. Heureusement, les copains, que ce soit sur Facebook, Twitter ou Instagram étaient là pour m’envoyer leurs ondes positives avant le départ. Encore merci !!

10:20 on prend le départ. On attaque la côte qui permet de contourner le Trocadéro. A nouveau, c’est le bordel (le # du jour j’ai envie de dire…) , nous sommes sensés tous courir à une allure similaire dans ce sas alors que je n’ai jamais couru ce premier km aussi lentement(6’14 !!) en 3 participations. Ça pue va falloir cravacher ensuite pour récupérer la moyenne. On se faufile comme on peut et dès que nous en avons la possibilité nous courons sur les trottoirs qui sont un peu moins chargés. Nous savons également que nous allons rentrer dans la partie plus large et surtout roulante de la course. Résultat, km2 = 4’58. C’est bon, on a repris la moyenne de 5’30 désirée, surtout faut la tenir !

On commence à descendre dans le bois, c’est ici qu’on prend de l’avance. Les kilomètres s’enchainent plutôt bien, Yannic et moi on zigzaguent pas mal entre la route et les trottoirs (la tactique de la ligne verte cette année, c’est pas du tout ça !!), on passe l’un devant l’autre en relais, on se tient à l’œil et on s’appelle tout le temps, un duo qui fonctionne bien, c’est très chouette.

Passage au km5 en 27’ comme l’année passée, RAS tout va bien.

On continue sur notre lancée, mais 1km plus tard, je ne comprends pas trop ce qui se passe, gros coup de mou, de doute, de je sais pas trop quoi mais ça ne va pas ! Je me dis que ça pue sérieusement pour mon timing si j’ai déjà des difficultés à un gros quart de la course. Haaa panique à bord car c’est un faux plat sans fin entre le km7 et 10… Je dis à mon cerveau de la fermer et je me mets en mode pilote automatique et je suis Yannic au radar et sans vergogne le temps que je passe le cap. Km9 le coup de mou est passé et je reprends le dessus, je remercie Yannic d’avoir été un support 5 étoiles sur ces 3 kms, je me sens mieux ! On avance !!

Passage au km10 en 57’ toujours comme l’année passée !
On maintient un rythme bien régulier, c’est nickel. Yannic, peste parce que les bananes ne sont pas mûres… Si les coureurs pensent avoir un ravito, il faut qu’il soit au point sinon ça craint … Surtout s’ils ne comptent que sur ceux-là pour s’alimenter ou boire, un autre mauvais point pour l’organisation 😦

A ce stade de la course, tout le monde a trouvé son tempo bien évidemment, ce qui veut dire que tous les gens autour de nous courent quasi au même rythme et franchiront la ligne d’arrivée plus ou moins, sauf retournement de situation. On a repéré 2-3 mecs à côté de qui on est depuis quasi le début de course et qui, eux, ont l’air de franchement se promener, ça papote à 11km/h alors que, dans mon cas, mon corps tout entier est concentré sur mon effort; Yannic et moi on ne se fait pas beaucoup la conversation c’est certain :-). Je les garde dans mon rétro en me disant que ça me fait un bon repère pour mon chrono « ocazou ».

Ce qui est dingue dans une/cette course, c’est que j’aurais pleuré 30’ plus tôt, et là je pète le feu ! On enchaine les 3kms suivant à 5’15 de moyenne. Je décide de dépasser nos coureurs-repères, « on verra bien ». Je suis en forme j’en profite. Je fais signe à Yannic que je passe devant pour qu’il me suive dans ce méandre de coureurs. On continue à se parler et à se repérer à la voix, lui me repère visuellement grâce à mon tee-shirt fluo (avec son tee-shirt noir c’est un peu moins pratique…).

– Yannic ?
– Ouais je suis là Sooshi, go on avance !

Passage au km15 en 1h22’ toujours comme l’année passée et toujours en mode métronome !  Si je reste comme ça, mon timing d’1h50 ne sera pas un souci.  « Exceeellllent çaaa » comme dirait le coach. On a une moyenne de 5’28 au km, c’est nickel, on a même un peu de marge pour les tunnels où on va forcément ralentir.

On espère croiser Brigitte, la compagne de Yannic, qui nous guette le long des quais mais impossible de la trouver. C’est la partie « difficile » de la course, un peu d’encouragement « personnel » serait le bienvenu pourtant. Ça bouchonne (encore et encore) pas mal le long des quais et dans les tunnels. La foule de coureurs devient de plus en plus compacte, ce n’est pas évident de trouver sa place. Yannic et moi on continue à se parler mais au Km17 arrive ce qui devait arriver :

– Yannic ?
– Yannic est plus làààà tu l’as perduuuu (dit la voix d’un mec que je ne connais pas)
– …

Crotte. J’avance, je n’ai de toute façon aucune idée d’où Yannic se trouve… Ma moyenne a un peu baissé (5’31) mais je suis toujours dans mon tempo, en plus je sais en plus que je vais à nouveau pouvoir accélérer maintenant que l’on retrouve le plat.

Km17 on retraverse la Seine pour ces 3 derniers Km le long des quais. Ça roule, la seule difficulté cette année semble l’agglomérat de coureurs autours de moi. On court tous à la même allure en grappe c’est pratique mais fort chiant en fin de course car c’est quasi impossible de dépasser, un faut slalomer tout le temps et cette partie de la course est très étroite, ce n’est vraiment pas évident ! Je ne sais pas si c’est un effet du sas de départ mais en tout cas je n’ai pas eu ce type de souci les deux autres années.

Km18, une fille qui me  » suit » depuis 2-3kms vient se placer juste à côté de moi. On ne se connaît pas du tout mais on décide tacitement de rester ensemble et d’avancer en bloc sur cette dernière ligne droite au même tempo. Mon timing est toujours aussi régulier avec 5’30 de moyenne à la montre, il ne reste qu’un petit km, je sais que ma « mission est accomplie », je suis plutôt détendue mais contente d’arriver je ne le cache pas.

Je calcule rapidement dans ma petite tête que si j’accélère pour la forme, je peux passer juste sous la barre des 1h50 et tenter un rigolo 1h49 et 50 secondes. Mais là, chose étonnante, mon cerveau me dit, « blondinette ne sois pas trop gourmande c’est comme ça qu’on se fait mal (je vous jure c’est ce qu’il m’a dit !! ) ». Et comme je suis une fille obéissante (si si) je n’ai pas insisté :-).

On remonte des quais et la route s’élargit considérablement, ma partenaire de fin de course et moi on se sépare et on avance chacune de notre côté. C’est le moment aussi où, même si t’as pleuré (ou pas) ta mère pendant 19,5km et que tu es entrain d’accélérer une dernière fois, tu tires sur ton tee-shirt, tu planques ton Buff dans lequel tu t’es mouché et tu souris. Le mur de photographes est juste devant toi, say « cheeeese » ! Sachant qu’il y aura toujours un pote pour poster une photo de toi la bave au coin des lèvres sur Facebook, autant limiter la casse un maximum et rester digne… 🙂

Paris01

Je passe sur la ligne d’arrivée en 1h50 et 43 pour 20,120km (5’30/km). La fille avec qui j’ai couru les derniers kms est juste là, je la rejoints pour la remercier. Je me retourne dans la foule des finishers et j’aperçois Yannic qui brandit le drapeau d’ « Un Soleil pour Elio ». Il était 100m derrière moi, pas plus, 40 toutes petites secondes nous séparent au chrono, quelle joie de le retrouver. J’ai été très heureuse de participer à cette course avec lui et de hisser les couleurs d’Elio face à la Tour Eiffel !!

ParisElio

On avance pour récupérer nos médailles et retrouver Jess qui doit être arrivée depuis un paquet de temps. On tombe très vite sur elle qui a fait un très très joli chrono de 1h41, bravo à elle, quel temps de fou !

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Bref, encore une belle course plein de doute, de plaisir et d’adrénaline avec en prime, un objectif atteint pour nous tous, on peut avoir le SMILE !

Petit message de service : Si tu ne veux pas allonger ton parcours de 100m (comme moi cette année) suis la ligne verte peinte au sol (comme moi l’année passée). Crois-moi !

 

La torride Top’Lesse

Ou, la descente de la Lesse (Challenge Delhalle)

Première participation à cette très belle course, très justement surnommée “la plus belle course de Belgique”

Je m’y étais inscrite tardivement n’étant pas disponible à cette date. Je finis par rejoindre le troupeau des tortues (du James) ayant déjà un dossard cette belle sortie. En limitant pour la 2ème année à 1000 (sur la Top’Lesse de 22km) et 500 (sur la Lesse 13 de 13km) le nombre de dossards disponibles, les inscriptions étaient « sold out » à J-10. La sortie va être belle !

Un aftermovie de cette édition 2015 donne une très bonne idée de la beauté du parcours : 

Le retrait des dossards se fait à l’arrivée (Dinant), un transport en bus est prévu pour amener les participants au départ à Houyet. La course n’est donc pas une boucle mais une ligne droite en suivant le cours de la Lesse.

folderrectoLa fin du mois d’août s’annonce très ensoleillée, ce fut le cas ! A Dinant, il faisait 30°C à 11h lorsque le départ a été donné. Nous savions tous qu’il allait faire chaud, c’est évident, mais certainement pas autant…  La Belgique a d’ailleurs connu ce jour-là sont 30 août le plus chaud depuis 1901 ! Les organismes ont souffert et les secours ont eu fort à faire mais rien de grave heureusement…

L’organisation annonce 6 ravitos, je pars donc équipée de ma ceinture Raidlight et de mes deux gourdes. En les vidant petit à petit entre deux ravitaillements en eau (tous les 3km environ) ça me semble juste bien, inutile de m’encombrer inutilement avec une poche d’un litre ou deux. Je suis par contre tout à fait étonnée du nombre de personnes qui partent sans casquette, gourde d’eau et ravitaillement solide sur ce type de course. On n’est jamais à l’abri d’un pépin ou autre ; et sur 22km (en général) par cette chaleur (en particulier) il faut rester prudent !

Peu avant le départ, je croise Yannic (un ami de mon village qui a fait le Marathon des sables), il me propose un 10km/h de moyenne, je rigole en lui disant non merci et en lui souhaitant bonne chance 🙂

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Nous sommes une vingtaine du James à nous aligner sur la ligne de départ.

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© Thierry Godefridi

Je démarre avec Joseph, il a aussi un objectif un peu ambitieux à mon goût vu la température ambiante. Je décide de rester avec lui au début et que je tiendrai tant que je peux car cette course est loiiin d’être facile ! Pour vous donner une idée, voici le profil de la course :

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Les 2 premiers kilomètres se passent sans encombre. Nous sommes ralentis par un « tourniquet » à l’entrée d’un sentier pour piéton et par de grosses flaques (que certains coureurs ne veulent pas franchir) mais l’allure est correcte, tout va bien si ce n’est que les pieds sont déjà trempés jusqu’aux chevilles après 10’ de course. On se dit que ça va sécher car il fait chaud (hé ben non en fait !)

Km 2,5: on affronte la première (très) grosse difficulté, j’adopte la marche, impossible pour moi de courir dans ce sentier. De toute façon tout le monde fait la même chose devant ; j’aurais voulu courir que ça n’aurait pas été possible (la bonne excuuuuuse). Faut dire que ça ne rigole pas même si on garde le sourire !

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La difficulté passée, on se remet à courir. Le 4ème Km annonce le retour du plein soleil. Plus un coin d’ombre pour se planquer, je souffre un peu trop à mon goût alors qu’on est en début de course… Je me dis qu’il y en a encore 18 à faire et que j’ai intérêt à me calmer, ça chauffe un peu trop sous la casquette. Je prends donc la (sage) décision de me remettre à marcher le temps que l’on se retrouve à l’ombre et je laisse Joseph qui ne semble pas encore souffrir du soleil.

Je me fais dépasser par quelques hommes du club qui me taquinent gentiment « allez Sooshi tu vas pas déjà marcher, viens ! ». Je les laisse continuer leur chemin car je préfère être prudente (je me souviens encore de mon abandon pour cause de ventre fâché avec le soleil sur un Challenge du BW au mois de mai …)

Km5 : Retour des bois, je reprends mon allure de course. Je suis seule (du James) mais j’ai Françoise qui est dans ma ligne de mire, je décide de la remonter et de courir à ses côtés. Elle semble fort incommodée par la chaleur, la pauvre. On se réconforte mutuellement, on se soutient. Un petit groupe s’est formé à ce stade de la course, on fait quelques kilomètres ensemble, on discute avec des coureurs d’autres clubs, c’est vraiment sympa cet esprit, plus je fais des trails plus j’aime ça !

Km9 : petit bonus, un escalier en plein single track. Ca bouchonne sec on est carrément à l’arrêt durant quelques minutes ! On papote, on fait des photos et je filme histoire de passer le temps.

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Energix Caramel beurre salé, trop bon !!!IMG_0400

Les kilomètres continuent à défiler, on est l’abri du soleil car nous sommes protégés par les arbres, mais la qualité de l’air est vraiment pitoyable, difficile de s’oxygéner correctement.

Mais pour le moment tout va bien, je continue à rester prudente et à écouter les signaux potentiels de surchauffe que pourrait m’envoyer mon corps. Joseph m’a aussi prévenu qu’après la dernière grosse difficulté au km13, la course était roulante; je m’accroche à cette idée 🙂

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La Lesse nous fait de l’œil en contre-bas, on irait bien prendre un bain pour se rafraîchir.

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Km13 : on y est, ça grimpe solidement, je remarche. Cette montée n’en finit pas, j’ai l’impression qu’elle dure des kilomètres (vu la courbe de la course, ça semble être le cas). C’est bon j’arrive au dessus, j’ai perdu Françoise et mon groupe dans la bataille ; nous sommes environ à 14,5km. Il en reste encore quelques-uns à se mettre sous les baskets. Je reprends mon souffle et décide de voir ce que mes jambes sont encore capables de faire. J’accélère et je reprends un joli tempo sur 2km. Je tourne à mon allure normale de course soit entre 5’35 et 5’45. Je me sens bien, je continue tant que ça marche !

Au passage j’ai accroché à Thierry Godefridi (le Marathonien de cœur et d’esprit) qui a l’air en meilleur état que moi (c’est une promenade pour lui !) même si je n’ai pas trop à me plaindre car je suis plutôt fraîche vu les circonstances météorologiques. Cette accélération sur ces deux kilomètres a m’a permis de remonter un paquet de coureurs, ça fait du bien au mental. On avance, je vois la fin de la course poindre le bout de son nez. Je continue à tracer ma route malgré quelques mini épisodes de marche lorsque je suis en plein soleil (toujours la prudence …). Cette modération m’a été salvatrice car je continue ma remontée, petit à petit je rattrape mes compagnons du James que j’avais lâché au km4.

Km 17 : voici Brigitte et Michel (du James) ; je me dis qu’on va finir la course ensemble et que ce sera sympa, mais ils semblent cuits, j’avance puisque je me sens bien, toujours accompagnée de Thierry que mon rythme ne semble pas gêner. Je continue ma remontée.

Km19 : retour de la marche en plein soleil pour quelques centaines de mètres, on est en pleine côte mais je sais que c’est la dernière.

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© Thierry Godefridi

Km 20 : Je remonte deux hommes du club dont celui qui m’avait gentiment charrié en début de course …, ils sont cuits et ne peuvent plus courir… J’avoue (« Faute avouée, etc ») que j’ai une poussée d’orgueil à ce moment et que « j’ai bon  » comme on dit chez moi. « Qui va piano va lontano » on dirait !

Arrivent les deux derniers kilomètres qui, comme on m’avait prévenu, sont interminables. Nous sommes en plein soleil le long de la Meuse, l’arrivée ressemble à un mirage. Je suis partagée entre les poussées d’adrénaline qui me boostent sur quelques centaines de mètres et les pieds en feu qui me font marcher quelques mètres. Mais je continue à remonter. Je croise une de mes copines, au dernier km, elle est cuite également, je lui dit de s’accrocher à nous, Thierry m’accompagne toujours.

J’ai l’impression d’avoir 10 ampoules à chaque plante de pied tellement ils sont échauffés d’avoir été mouillés dans mes chaussures de trail par cette chaleur. Ca bataille ferme dans ma tête entre l’envie d’en finir et l’envie de marcher. Je ne pense qu’à une chose, ENLEVER MES CHAUSSURES. Mes pieds brûlent, j’en ai marre JE VEUX RENTER ! 🙂

Km21,5 : j’aperçois mon ami Yannic, ça me redonne un peu d’énergie et j’accélère à nouveau. Je décide qu’on passera la ligne ensemble. Je crie à son approche, il lève le bras complètement épuisé. Je l’attrape et je lui dis « Go on avance. » Il ne reste que quelques dizaines de mètres que nous parcourons ensemble, jusque l’arrivée.

A la montre, 2h52 et une moyenne de 7’49 sur ce trail torride, mission accomplie !

Si je devais résumer cette course, je dirais que je suis très contente d’avoir bien gérer mon effort avec cette chaleur accablante. J’ai été prudente et ça m’a permis de rester « fraîche » durant la course et de ne pas me mettre en danger. En dehors de mes pieds qui m’ont vraiment gênés sur les 2-3 derniers kms tout s’est bien déroulé et je n’ai pas souffert inutilement.

Une bonne raison d’avoir le SMILE non ?

Les 20km de Bruxelles en handisport. Une histoire de cœur et d’équipe.

Je vous ai raconté précédemment comment j’avais été mise en contact avec l’association « Les Chemins de TraverSe », et comment j’avais accepté de les accompagner pour cette 36ème édition des 20 km de Bruxelles.

J’étais plutôt sereine après notre première expérience handisport aux 10km d’Uccle, j’avais une idée de ce à quoi m’attendre. Evidemment, en courant 20km au mois de mai, il y a toujours le facteur météo qui joue un rôle, mais en dehors de cette « inconnue » on pourrait même dire que j’étais carrément détendue du shorty, une première 😉

Bon ok on avait eu quelques soucis de dossards 2-3 jours avant le départ, ça a mis un peu de piment dans notre aventure. Il faut dire qu’on avait un peu organisé les équipes autour des Joëlettes comme des klettes, c’est vrai. Sache-le, à présent (avant ça pouvait fonctionner comme cela), si tu veux participer aux 20km de Bruxelles en handisport, tu constitues ton équipe AVANT le début des inscriptions, comme ça tout le monde a un dossard handisport, pas seulement les passagers. Parce que sinon, il se passe quoi ? Ben… tes trois passagers ils sont dans leur Joëlettes dans handi-box sans personne pour les pousser ; ce qui ne fonctionne pas super bien, il faut le reconnaître 😉 A notre décharge, les équipes de pousseurs se sont constituées au fur et à mesure, et chacun est venu avec son propre dossard (classique). Mais voilà, un dossard classique ne rentre plus dans le handibox, c’est comme ça. Ou alors, tu demandes une permutation vers un dossard handisport. Bref, les organisateurs ont été adorables (encore merci !) et tout est rentré dans l’ordre après quelques coups de fil. Promis pour 2016 on fera les choses comme il se doit ! 

Je disais donc, que j’étais plutôt relax quelques heures avant le départ.

Nous avions RDV avec les passagers et les autres pousseurs à 9h00. Le temps de monter les Joëlettes, de placer nos passagers dedans, de les attacher de manière plus ou moins poussées selon leur pathologie, de faire pipi (je l’avais pas encore dit HAHA) et hop direction le handibox !

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D’abord, sortir les Joëlettes de voitures et les monter… convenablement ! Heureusement, il y a des experts.

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Luc (à l’avant) et Thibaut, les passagers des deux autres Joëlettes. Comme vous le voyez, le système de ceinture n’est pas identique, leurs pathologies respectives ne nécessitant pas le même soutien.

A l’entrée je crois la charmante @Lydraneha qui nous souhaite une bonne course. Je ne peux malheureusement pas pousser la conversation très longtemps car les « start controlers » de ce box nous demandent d’y entrer. Apparemment, @Guic13  est venu en bord de box également, mais n’a pas osé se montrer “ tu étais tellement speedée à organiser les relais que j’ai pas osé t’interrompre! (…)T’es une vraie pile électrique, toi, au départ d’une course! :-p ”  Vraiment, là, je ne vois pas pourquoi il dit ça ??!! 🙂 Merci à tous les deux pour votre passage c’était très sympa de votre part !

L’ambiance est effectivement chaude à l’intérieur du box, ça crie, ça se motive. Je croise 3 autres amis pousseurs pour d’autres associations, on se souhaite une bonne course et chacun prend sa place, le départ est dans 5 minutes.

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Trois Joëlettes prennent le départ pour l’association, une « rapide » (11km/h) et deux « lentes » (9km/h). Il est prévu que les deux « lentes » restent ensemble afin de pouvoir faire tourner les pousseurs d’une équipe à l’autre si nécessaire. La Joëlette « rapide » partira poussée uniquement par 4 coureurs ! Ce qui signifie que chacun devra pousser durant 80% du temps de la course (alors que sur les deux autres, chacun pousse environ 50% de la course), un fameux challenge, relevé par des coureurs de bon niveau (dont mon ostéopathe, Tanguy, qui m’a emmené dans cette aventure un peu folle). Il est conseillé de constituer de grosses équipes afin de pouvoir gérer les désistements de dernière minute (un pousseur n’est carrément pas venu sur la ligne de départ, deux autres ont déclaré forfait pour blessure 4 jours avant) et les soucis éventuels durant la course. Nous avons la responsabilité d’un passager, même si le but est de passer la ligne d’arrivée, nous devons le faire en toute sécurité pour lui.

9:45 top départ ! On s’élance sur la rue de la Loi absolument VIDE. Un truc de fou. Habituellement, cette artère bruxelloise est soit pleine de voitures, soit pleine de vélos lors de la journée sans voiture, soit pleine des 20.000 coureurs partis avant moi lors de mes 3 précédentes participations aux 20km 😉 Ici, personne ! Rien que des handisport! Le public n’est pas encore en très présent à cette heure matinale, mais ce n’est pas grave, la ville est à nous et c’est vachement sympa aussi !

Sur cette portion de la course, on a un très bon rythme, le 1er km se fait à 10,5km/h mais c’est bien trop rapide pour que notre équipe tienne 20km, il faut absolument ralentir la cadence. Une Joëlette demande un effort particulier, on sollicite ses jambes, certes, mais aussi son dos et ses bras, il faut vraiment gérer son effort tout à fait autrement. De plus, les bras étant occupés à pousser ou tirer notre passager, il faut donc apprendre à courir sans ou avec un seul, ce qui est un peu perturbant.

Km2, on retrouve l’allure moyenne prévue (9km/h) sur cette course handisport. L’équipe trouve ses marques malgré les pavés de la rue de la Régence et le premier ravito à gérer. Notre technique : les coureurs qui ne sont pas occupés à pousser font le plein de bouteilles et les donne à Jean, notre passager. Il a un sac sur ses genoux et fait un stock pour pouvoir nous ravitailler à n’importe quel moment. Le pousseur qui doit boire, peut donc recevoir une bouteille préalablement ouverte et boira avec son unique main libre. Il la rendra ensuite à Jean qui la refermera et la rangera dans le sac. Cette technique est nickel. Par contre, si cela fonctionne avec Jean, elle ne peut évidemment pas appliquée avec un passager qui n’a pas l’utilité de ses mains (Comme Luc, à Uccle). Dans ce cas-là, ce sont les coureurs « libres » qui assurent les ravitos des pousseurs. Ca semble con, mais dans la gestion d’une course sur cette distance, c’est important de le prévoir. Je prends mon premier relais à ce moment de la course.

Km3, on entre dans les tunnels de l’Avenue Louise. Là, il faut vraiment gérer l’effort dans la poussée, sinon on se crame pour le reste de la course (ce qui a été le cas pour deux personnes de l’équipe qui ont du abandonner la Joëlette dès le Km4). On décide de marcher sur la remontée du dernier tunnel, par prudence. L’autre Joëlette est encore juste devant nous, on décide de remanier les deux équipes pour mieux répartir les forces après nos deux « pertes ». Ce qui donnera Ness, Stéphane, Marylène, Philippe, Jo, Kevin et moi pour finir la course ensemble. Je passe le relais (cela se fait à la demande, pas de manière systématique). Robin, le pousseur arrière de la seconde Joëlette, chauffe le public depuis le début de la course. C’est une machine, je ne sais pas comment il fait pour hurler depuis des kms et pousser en même temps (surtout que le mec s’allumera une clope sur la ligne d’arrivée, véridique)

Km4, les élites nous dépassent. Mon amie Brigitte est venue avec sa belle-fille dans le public. « Salut les filles !!! »

Km5, fin de l’Avenue Louise, on est tous bien échauffé, la Joëlette a trouvé son rythme de croisière, tout roule. Bonne gestion du ravito.

Km6, je prends mon second relais, je me sens en forme (je ne le lâcherai donc pas avant le Km13). Le temps passe vite, on passe en 1h02 au Km10 malgré le faux plat du Bois de la Cambre. L’ambiance est excellente, la gestion de la course est bonne, j’ai l’impression que rien ne peut m’arrêter ! C’est presque trop beau 🙂 En tout cas c’est excellent pour le moral ! Le public est venu en nombre, les encouragements fusent de toute part. Les coureurs des box 1 et 2 nous dépassent et nous encouragent d’un mot ou d’un geste. Je trouve génial que des coureurs qui vont boucler leur course en moins d’1h30 prennent un peu de temps pour nous. Je les remercie systématiquement d’un « Merci ! Bonne course à vous ! » que j’ai l’impression d’avoir répété 300x sur tout le trajet 😀 Stéphane est blessé, il ne peut plus assurer le relais (mais peut encore courir), nous tournons donc à 6 : 4 pousseurs avant qui se relaient 2 par 2 et 2 pousseurs en alternance à l’arrière, c’est le minimum pour bien gérer les relais (donc oui la Joëlette de 4 personnes a relevé un très gros défi !).

Km12, gare de Groenendael, on rentre sur la partie roulante de la course. 4km de plat, le pied! Tout va bien, le public est de plus en plus nombreux, on y croise Jacques, un des coach du James, et son épouse sur le bord de la route qui acclament les coureurs à tout va.

Km 13, je passe le relais histoire de récupérer un peu. Je profite du plat de ce très long Boulevard du Souverain.

Km14, Hermmann Debroux, le public est venu en masse malgré le temps maussade (mais parfait pour ceux qui courent !). Je vois ma sœur et sa famille « Vas y tatie Sooshi, t’es la meilleure ! » A cet moment, j’ai assisté à une drôle de scène. Nous passons à côté d’un coureur dont la foulée bizarre fait que mes yeux attardent sur lui. Je le vois ralentir très fort et s’approcher d’un couple dans le public qui tient une bouteille d’eau. Je comprends qu’il leur demande à boire. Le couple refuse expliquant que la bouteille est pour quelqu’un d’autre. Le coureur repart en marchant complètement décomposé. Je suis choquée par ce manque de civisme à la limite de la non-assistance ! Je décide donc de prendre une bouteille dans notre réserve, de faire demi-tour et de lui donner. Je m’assure qu’il boive et lui explique qu’il est à 300m du prochain ravito et du poste de secours si nécessaire. Il me remercie, me dit que ça va mieux, je repars. La météo ce dimanche étant plus que parfaite pour courir 14°C, de la bruine sur tout le parcours et des ravitos abondants tous les 5km. Aucune raison donc que ce couple ne refuse quelques gorgées ( !) d’eau à ce coureur. J’ai trouvé ça vraiment limite !

Km15, je reprends le relais pour 1km histoire que les pousseurs soufflent avant la dernière difficulté de la course, l’A-VE-NUE-DE-TER-VUE-REN (imagine la voix d’une bande annonce de film catastrophe), la bête noire des coureurs sur ce parcours bruxellois.

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Km16, on amorce le tournant du Souverain et avons encore centaines de mètres avant d’entamer les 1500m de montée. On décide de s’arrêter sur le côté et de sortir les sangles de la Joëlette. Elles permettent, en plus du pousseur arrière et des deux pousseurs avant, de rajouter un rang de coureurs tout devant qui « tractent ». Cette technique est utilisée en montée et lors des randonnées. Ness et moi prenons une sangle et nous plaçons à l’avant, cet effort est différent de celui de la poussée, mon précédent relais ne me pose donc pas de souci particulier. De toute façon, je suis comme shootée à l’énergie positive ! On se remet en route. Les photographes sont là, TV Brussel aussi, il y a également des majorettes et de la musique, je suis complètement portée par l’environnement. C’est la fête alors que normalement, à cet endroit de la course (comme la majorité des coureurs d’ailleurs) je pleure ma mère (et même mon père avec parfois, souvenez-vous l’année passée avec mes crampes …) ! Jean, notre passager, est aux anges, il salue le public telle la Reine Elizabeth dans son carrosse, c’est fabuleux ! Les coureurs nous encouragent encore, certains proposent même « d’aider les filles » 😉

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Km18, on est au dessus de la côte. Le « pousseur avant » derrière moi, passe la main après cette remontée, et file à l’arrière remplacer Kevin qui est cuit. Fortiche le gars ! On replie les sangles et je prends son relais jusque la ligne d’arrivée. C’est tout plat, pas de raison que ça n’aille pas, surtout si près du but ! Je suis toujours dans cet état d’allégresse qui ne m’a pas quitté depuis le km5 (ils mettent un truc dans le gel Energix caramel beurre salé ou quoi ??).

Km19, rond-point Montgomery, c’est le final. Le public est fantastique (encore et toujours) on le chauffe et le pousse à faire une « holà » pour notre passager, ça crie dans tous les sens. A ce stade, je suis encore « en forme », mais quand Ness me propose d’accélérer pour un sprint final, je dis quand même non, sentant que ces 12km de relais m’avaient quand mis une bonne claque dans la figure (sans blague !). Pas folle la guêpe 🙂

Dernière ligne droite, l’arrivée est à moins d’un km, il m’arrive un truc de fou, je fonds en littéralement en larmes. Je suis complètement submergée par une vague d’émotion incroyable. Trop de tout, je m’effondre (émotionnellement parlant) durant quelques minutes, je me laisse aller à ces larmes et on continue à avancer.

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Ma collègue Roxanne est là, Anne (du James) aussi. On rentre dans le Parc du Cinquantenaire dont les arcades (et donc la ligne d’arrivée) sont à 300m. L’organisation nous fait signe de nous placer sur la droite afin de ne pas gêner les coureurs sur la ligne d’arrivée. 11h54’, soit 2h09’ plus tard (5′ plus tôt que prévu), Jean passe la ligne et reçoit sa médaille (les pousseurs aussi hein, pas de panique). Mission accomplie !

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Pas besoin de vous expliquer pourquoi j’ai le SMILE cette fois-ci 🙂 J’ai d’ailleurs resigné pour 2016!

Courir les 20km de BXL avec une personne à mobilité réduite

Vous allez me demander comment je me suis encore embarquée dans ce type de projet un peu fou. Parce qu’il faut l’avouer il faut être solidaire mais un peu maso quand même je crois 😉 C’est très simple, peu après semi-marathon de Nivelles (décidément je ne parle plus que d’eux), j’ai rendu visite à mon ostéopathe. Il avait également participé à cette course mais en courant en équipe autour d’une Joëlette. Je lui dis que je trouve que c’est vraiment un très beau projet d’offrir à quelqu’un la possibilité de participer à ce type d’événement, que ça me tenterait bien d’offrir mes jambes (et mes bras !) un jour lors d’une course. La discussion ne va pas plus loin. 21 mars 2015 Ouverture des inscriptions pour les 20km de Bruxelles. SMS de mon ostéopathe : « Ca te dit de rejoindre une équipe en Joëlette, pour courir à Bruxelles ? » Le temps de voir avec Vanessa (avec qui je devais courir sur ce 20km comme tous les ans) si ça lui dit de tenter l’expérience avec moi et bam je réponds « Oui ! On sera même deux, ma copine est partante également». Marché conclu, les 20km de Bruxelles se feront en équipe avec l’association  » Les Chemins de Traver Se ». L’association Fin août 2005, Christine, aumônière à la prison de Nivelles, propose à deux amis, l’un libéré depuis peu d’un long séjour en prison, et l’autre handicapé en chaise roulante, un projet un peu fou : créer un groupe de randonnée en montagne réunissant des personnes en difficulté de réinsertion sociale, des personnes à mobilité réduite (PMR) et toutes personnes motivées par ce type de rencontres. D’année en année, le groupe s’étoffe. Il compte aujourd’hui une trentaine de participants réguliers dont deux ou trois sont en Joëlette, trois autres ayant besoin d’assistance à la marche et une personne malvoyante aidant à l’arrière de la Joëlette ou aidée à d’autres moments. Une dizaine de personnes libres après un séjour en prison ou de jeunes en difficulté, leur prêtent main forte. Depuis 2011, « Les Chemins de Traver se » participent également à divers courses, trails et championnats, accessibles aux Joëlettes, tels que le Trail des Remparts (Lille), La Bouillonnante, Les 20 km de Bruxelles ou aux Championnat du Monde de Joëlette (2012). Mais c’est quoi une Joëlette ? Joelette La Joëlette est un fauteuil tout terrain mono-roue qui permet la pratique de la randonnée à toute personne à mobilité réduite, enfant ou adulte même très lourdement dépendant (myopathes, scléroses en plaques, tétraplégiques…), avec l’aide de deux accompagnateurs.

Les Joëlettes en action lors du championnat du monde:

Entrainement sur les 10 km d’Uccle ce jeudi 14/05 La Joëlette demandant un minimum de manipulation, nous avions choisi cette course plus vallonnée et plus technique pour nous entrainer avant d’affronter le bitume bruxellois. Je ne le cache pas, je n’en menais pas large pour cette première expérience. Comme je m’en doutais, le haut du corps est très sollicité : les épaules, les bras et le haut du dos travaillent intensément à la poussée du fauteuil qui doit garder un certain équilibre ! Pas question de « verser » sur le côté, notre passager n’aimerait pas beaucoup ça 😉 Il faut également veiller à garder un bon équilibre d’avant en arrière afin que les coureurs positionnés à l’avant ne doivent pas « soulever » le Joëlette en la poussant. Après un petit quart d’heure d’essai, nous avions plus ou moins compris le truc, il ne nous manquait plus que d’enchainer les kilomètres pour améliorer notre technique de débutantes 😉 Ce qui est assez étrange, quand on accompagne un fauteuil, c’est de courir sans les bras puisque ceux-ci sont utilisés pour le pousser. Pour le reste, rien de très surprenant : les côtes sont assez difficiles à appréhender, logique, et les fortes descentes ne sont pas pour autant évidentes car il ne faut pas se laisser entrainer par le poids de la Joëlette et de son passager, ce qui fait quand même, 120 kg ! Que retenir de cette première expérience ?

  • Un public fantastique qui nous porte tout au long de la course avec ses encouragements
  • Des coureurs (extérieur à l’équipe) qui proposent spontanément leur aide quelques minutes, pour nous relayer. J’ai trouvé ça fantastique !
  • Une expérience humaine très forte et riche en émotion.
  • Le sourire de Luc, notre passager, durant toute la course.
  • Mon tube d’arnica est mon meilleur ami depuis ce matin, j’ai mal partout 😉

Tant de choses positives à Uccle ne peuvent qu’annoncer une course fabuleuse à Bruxelles dans deux semaines. De quoi avoir le SMILE non ?

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